Le Salon

Pourquoi ce calendrier ?

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Pourquoi utiliser le Calen­drier Répu­bli­cain comme thème de ce site web ?

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HERMIDOR a été imaginé, puis commencé en décembre 2018, au début du mouvement des Gilets Jaunes. En ces temps de soulè­vement populaire à tonalité révo­lu­tion­naire, l'idée d'uti­liser ce calen­drier faisait écho à une autre époque : celle, héroïque, de la Révo­lution Française. Une époque où des Français, hommes et femmes, se sont levés ensemble pour lutter contre un système oppressif, chasser les élites diri­geantes et abolir leurs privi­lèges. Depuis… d'autres "élites" ont pris leur place, recréant de nouveaux privi­lèges.

Ces premiers révolution­naires, en instau­rant la Répu­blique, sont devenus des citoyens. Et pour balayer les symboles de "l'Ancien Monde", ils ont imaginé un nouveau calen­drier : le Calen­drier Répu­bli­cain, aussi nommé le Calen­drier Révo­lu­tion­naire Français.

En plus de cette résonance histo­rique, ce calen­drier m'offre, à titre personnel, plusieurs avantages par rapport au calen­drier grégorien que nous utilisons aujour­d'hui. Je les décris ci‑dessous. Bien sûr, il a aussi ses défauts. Le principal est justement d'être "trop" révo­lu­tion­naire. C'est proba­blement ce qui empêchera son retour à grande échelle en France car les gens tiennent à leurs habitudes et tradi­tions (moi y compris). Il restera donc le souvenir d'une époque où des citoyens ont osé lutter pour leurs droits. Et c'est à travers lui que je veux leur rendre hommage.

Quels sont les avantages du Calen­drier Répu­bli­cain sur le calen­drier grégorien ?

1/- La vérité scientifique plutôt que le mensonge religieux

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E CALENDRIER grégorien fut instauré à la fin du XVIème siècle pour corriger les impré­cisions du calen­drier julien (de Jules César). Celui‑ci provo­quait un décalage gran­dis­sant entre la durée réelle d'une année astro­nomique et sa repré­sen­tation dans le calen­drier. Le calen­drier grégorien, plus précis, s'est alors progres­si­vement imposé dans le monde au fil des siècles. C'est pourquoi il reste encore aujour­d'hui en usage dans la majorité des pays. Mais on peut lui reprocher une chose essen­tielle : sa forte empreinte reli­gieuse. Il est, de bout en bout, le reflet d'une vision chré­tienne du monde :

A/- Son nom lui-même vient de celui du pape Grégoire XIII, à l'origine de sa réforme et de son appli­cation.

B/- Les noms des jours de la semaine, et de certains mois, dérivent direc­tement des divinités de la mytho­logie gréco-romaine.

C/- Selon cette datation, nous sommes en 2025… un chiffre calé sur la naissance "offi­cielle" de Jésus‑Christ.

D/- Chaque jour du calen­drier ou presque est associé à un saint ou une sainte.

E/- Et bien sûr, les fêtes reli­gieuses telles que Pâques, l'Ascen­sion, la Pentecôte ou Noël en jalonnent le rythme annuel.


Tout cela repose, au mieux, sur des croyances et des récits invé­ri­fiables et, au pire, sur une vile propa­gande :

A/- Le pape Grégoire XIII, en tant que chef spirituel d'une Église toute-puissante, était le repré­sentant d'une religion qui, comme toutes les autres, a montré au cours des siècles son influence néfaste sur le déve­lop­pement de l'huma­nité. Entre les guerres contre tous ceux qui n'ont pas la foi (ou qui n'ont pas la bonne), les oppo­sitions farouches aux avancées scien­ti­fiques quand elles remet­taient en cause ses dogmes, ou encore les compor­tements immoraux tels que la pédo­philie, l'impact du religieux n'est pas glorieux.

B/- Les divinités, dieux et déesses, icônes oubliées ou toujours vénérées, ne sont par défi­nition que des croyances. Aucune preuve tangible de leur existence. Cela relève de la foi, pas des faits.

C/- Même en admettant que le célèbre Jésus‑Christ ait existé (ce qui, à mes yeux, reste discu­table), aucune source sérieuse ne place sa naissance un 25 décembre, ni il y a 2025 ans. Ce chiffre est purement symbo­lique, pas histo­rique.

D/- Les saints et saintes ont été canonisés pour des actions dont la véracité est parfois douteuse… et l'exis­tence même de certains d'entre eux est loin d'être prouvée.

E/- Quant aux fêtes reli­gieuses citées plus haut, elles ne sont que des reprises ou des plagiats de rites païens plus anciens, réinter­prétés pour les besoins d'un nouveau pouvoir spirituel.


Le calendrier républicain, lui, n'a rien à voir avec tout ça. Son acte de naissance repose sur un événement réel, histo­rique, documenté : la procla­mation de la Répu­blique, le 22 septembre 1792, devenu le 1er vendé­miaire de l'an I. Ce jour‑là, à Paris, se produi­sait l'équi­noxe d'automne, un phénomène astro­no­mique précis, prévi­sible, universel.

Depuis, chaque nouvelle année répu­bli­caine commence le jour de l'équi­noxe d'automne. Autrement dit : une date fondée sur un événement humain marquant, ancré dans l'Histoire, et alignée sur un repère astro­no­mique objectif. Difficile de faire plus rationnel, plus rigoureux, plus vrai.

2/- La régularité et la simpli­cité décimale plutôt que l'irré­gu­larité d'un vieux système

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E CALENDRIER grégorien que nous utilisons actuel­lement n'est pas simple : des mois de 28 (ou 29, les années bissex­tiles) à 31 jours, réparties sur des semaines de 7 jours, sans logique interne évidente. Chaque mois recom­mence diffé­remment, et repérer un jour précis devient vite un exercice de mémoire ou de calcul. Le calen­drier répu­bli­cain, lui, repose sur une structure claire et régulière : 12 mois de 30 jours, soit 360 jours, plus 5 jours complé­men­taires (ou 6 les années sextiles). Chaque mois se divise en 3 décades (semaines de 10 jours), comme montré dans le Vestibule, en cliquant sur la zone intitulée "Accueil".

Les noms des jours, à conso­nance "mathé­matique" (primidi, duodi, tridi, quartidi, quintidi, sextidi, septidi, octidi, nonidi et décadi) rendent le repérage immédiat. Primidi sera toujours le 1er, 11ème, ou 21ème jour du mois. Duodi le 2ème, 12ème, ou 22ème. Et ainsi de suite. Essayez main­tenant de deviner quel jour sera le 23ème jour du mois dans 3 mois… bon courage !

3/- La célébration de la nature plutôt que celle de mythes

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ES NOMS de mois actuels, en plus de puiser pour certains dans la mytho­logie romaine (Janus, Mars, etc.), compor­tent une aber­ration histo­rique : septembre, octobre, novembre et décembre viennent des mots latins septem (7), octo (8), novem (9) et decem (10), alors qu'ils sont aujour­d'hui les neuvième à douzième mois de l'année. Un vrai bazar hérité de réformes incomplètes… Imaginez un instant que les noms aient été mis à jour correc­tement : plus de septembre ni d'octobre (ou plus de juillet et août ?), les attentats du 11 septembre 2001 seraient devenus ceux du 11 novembre, Halloween tomberait le 31 décembre, l'armis­tice de 1918 aurait eu lieu un 11 onzembre et Noël se fêterait le 25 douzembre ! 😛 Avouez que ça pique un peu !

En revanche, les noms de mois républi­cains sont eux ancrés dans la réalité, la météo, les saisons, et surtout la vie rurale, essen­tielle à l'époque. Pensés notamment par le poète Fabre d'Églan­tine, ils allient poésie, charme et précision, là où notre calen­drier moderne reste sec et bancal. Les voici :

* Vendémiaire (22 septembre à 21 octobre) pour les vendanges,
* Brumaire (22 octobre à 20 novembre) pour les brumes et brouil­lards,
* Frimaire (21 novembre à 20 décembre) pour les frimas,
* Nivôse (21 décembre à 19 janvier) pour la neige,
* Pluviôse (20 janvier à 18 février) pour les pluies,
* Ventôse (19 février à 20 mars) pour les vents,
* Germinal (21 mars à 19 avril) pour la germi­nation,
* Floréal (20 avril à 19 mai) pour les fleurs, leur épanouis­sement,
* Prairial (20 mai à 18 juin) pour les récoltes des prairies,
* Messidor (19 juin à 18 juillet) pour les moissons,
* Thermidor (19 juillet à 17 août) pour les chaleurs,
* Fructidor (18 août à 16 septembre) pour les fruits.

Un calendrier en phase avec la nature et les cycles de la Terre, bien plus logique, concret et poétique que celui hérité de Rome et de la chré­tienté.


À la fin de l'année républi­caine, viennent les 5 jours complé­men­taires, appelés sans-culottides, auxquels s'ajoute un 6ème jour lors des années sextiles. Mais là encore, rien n'est laissé au hasard : chacun de ces jours a une signi­fi­cation symbo­lique, une vraie valeur répu­bli­caine à célébrer, et pas juste un ajus­tement de calen­drier. Les voici :

* Jour de la vertu,
* Jour du génie,
* Jour du travail,
* Jour de l'opinion,
* Jour des récom­penses,
* Jour de la révo­lution (présent unique­ment lors des années sextiles).

De quoi clore l'année avec du sens, et pas seulement avec des cotillons et une gueule de bois !


Enfin, là où notre calendrier tradi­tionnel empile les fêtes de saints et saintes, le calen­drier répu­bli­cain reste fidèle à sa ligne : célébrer la nature et la vie paysanne. Chaque jour porte alors le nom d'un produit agricole, d'une plante, d'un animal (tous les quintidis), d'un outil agricole (tous les décadis) ou autre. Un hommage profond au monde vivant, à ceux qui travaillent la terre et à l'envi­ron­nement qui rythme les saisons. Pour les curieux, l'ensemble des noms peut être retrouvée en cliquant sur la zone intitulée "Année en cours" dans cette même pièce.

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L EXISTE cependant deux façons de fixer le premier jour de l'année répu­bli­caine, et c'est là que les opinions divergent.

Option 1 : Faire commencer chaque année répu­bli­caine le 22 septembre, en hommage à la toute première, celle de l'An I, le 22 septembre 1792. C'est cette version que vous trouverez notamment sur la page Wikipedia du calen­drier répu­bli­cain dans laquelle vous retrou­verez toutes ces infos ainsi que d'autres.

Option 2 : Faire débuter l'année le jour exact de l'équi­noxe d'automne à Paris, comme ce fut le cas en 1792. Mais cette date peut légè­rement varier selon les années (entre le 22 et le 24 septembre). C'est cette méthode qui fut offi­ciel­lement adoptée à l'époque, et appliquée tout au long de son existence légale. C'est donc aussi celle que j'ai choisie. D'où quelques écarts occa­sionnels entre la datation affichée ici et celle visible sur Wikipedia.


Pour connaître la date précise des équinoxes d'automne passées où à venir, il suffit de se rendre sur cette page du site de l'IMCCE (Institut de Mécanique Céleste et de Calcul des Éphé­mérides). Cliquez sur "Époque", entrez l'année souhaitée, cliquez sur le bouton "Recher­cher", et vous obtiendrez les dates et heures exactes des équinoxes et des solstices de l'année en question.

Équinoxe d'automne 2024 : 22 septembre.
Équinoxe d'automne 2025 : 22 septembre.
Équinoxe d'automne 2026 : 23 septembre.

Comment convertir une date grégo­rienne en date répu­bli­caine ?

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OUS POURREZ trouver sur internet plusieurs outils de conver­sion entre le calen­drier grégorien et le calen­drier répu­bli­cain. Mais tous ces conver­tis­seurs se limitent stric­tement à la durée d'exis­tence légale de ce calen­drier, autrement dit du 22 septembre 1792 au 31 décembre 1805.

Thermidor est donc, sauf erreur, le seul à vous permettre de convertir n'importe quelle date comprise entre le 22 septembre 1792 et le 31 décembre 2032 !

Pour y accéder, il vous suffit de cliquer, toujours dans le Salon, sur la zone intitulée "Conver­tisseur". Vous pourrez ainsi découvrir la date répu­bli­caine corres­pondant à votre naissance, votre mariage, la venue au monde de votre premier enfant ou tout autre moment clé de votre vie !

Et si vous êtes curieux ou un peu joueur, essayez donc une date en dehors de cette période… vous verrez bien ce qu'il se passe !

Alors, qu'attendez-vous ? Lancez‑vous dès main­tenant !